mardi 25 septembre 2018

Beni: les innocents ne cessent de mourir

C'est triste. Le massacre à Beni laisse les familles inconsolables. Il faut être ici à Beni ville aujourd'hui pour comprendre la douleur de la population en pleur. Je viens de sillonner la ville et je suis triste. Dans toutes les commune presque il ya deuil. Les paisibles citoyens sans défenses ont été lâchement abattus par les hommes armes et non notrement identifiés. Les sources officielles parlent que cette énième tuerie est signée par les ADF. Mais nombreux parmi les habitants disent non: ils donnent le temps au temps. Une façon pour eux d'éviter de nous dire vé qu'ils pensent à propos du ou des vrais auteurs de massacre à Beni.
Beni pleur vraiment. Cette entité n'est pas trop grande, raison pour laquelle nous sommes comme une famille. On est triste... Je prends un cas au hasard. La tragédie dans la famille de mon collègue Mahamba Papy. Les tirs de Samedi dernier ont emporté trois de ses proches. Sa petite soeur et son petit frère. La fille était graduée à l'Université officielle de Semuliki(UOS Beni) en faculté économique. Je vous épargne de l'histoire tragique de la mort du mort qui lui, conconfondu d'abord à un ADF est mort dans la souffrance. Heureusement pour lui, il a eu une heure du temps avec son père avant de mourir le Dimanche dernier pendant la journée (je suis content pour lui parce qu'il a été dédouaner par son père avant de mourir: "mon fils n pas ADF", avait dit le papa avant qu'on lui remette son fois)
Voilà ce que Beni traverse aujourd'hui. Je vous épargne aussi des images, elles choquent. Je me concentre devant mon téléphone pour vous relater ma douleur et celle de la population.
Mustapha Mulonda

vendredi 6 juillet 2018

Préjugés aussitôt déconstruit dans mon pays grâce #HabariTraining

 En pleine formation avec HABARI-RDC
La Déconstruction des préjugés : activités Hors Ligne-Habari RDC: C'est une formation unique pour moi. Pourquoi Unique? Je suis journaliste. Étant journaliste, j'ai déjà eu des formations dans mon domaine mais aujourd'hui la notion de préjugé m'intéresse et m'amène à conclure que seuls les préjugés régressent le développement de notre région, de notre pays... Grâce à #HabariTraining, nous allons les déconstruire grâce à nos blogs...

mercredi 18 avril 2018

Beni: Plusieurs balles ont sifflé au-dessus de ma tête

Je viens de passer une nuit dans la brousse de Ngadi suite au combat entre FARDC et ADF. Plusieurs balles ont sifflé au-dessus de ma tête. Dieu m’a protégé durant toute cette nuit cauchemardesque ou j’attendais des cris et des pleurs des paisibles populations.

Témoignage de Sabuni (nom d’emprunt)

Photo tiers: ils veulent la paix ...


C’était le 14 Avril dernier vers 17h quand je roulais sur ma moto en rentrant chez moi. Subitement, j’ai écouté des tirs des balles. J’ai jeté ma moto. J’ai couru dans la brousse. J’étais couché par terre sous les tirs croisés. Mon sort était scellé car il y avait lieu d’être confondu comme ennemi par les FARDC ou encore emporté ou décapité par les tueurs ADF. Ces cruels qui se distinguent dans le carnage des civils.
Déguisés en FARDC…
J’ai passé nuit dans les feuillages pour sortir le matin. Je suis allé récupérer ma moto dans l’un des camps militaires de la place. Là, les soldats m’ont accueilli et m’ont remis gentiment mon engin. Curieux, j’aperçois un otage ADF, environ 20 ans. Il est habillé en pantalon de la Police nationale congolaise (PNC) et un Gilet par balle approprié aux FARDC. Subitement, un militaire me chuchote: « ces gens, après avoir tué mes compagnons, ils emportent leurs uniformes pour se faire passer pour nous. Et, c’est cette stratégie qu’ils utilisent pour s’infiltrer dans les villages avant de s’attaquer aux civils sans défense»
Soutenons les FARDC
Félicitation aux FARDC.  La prise de cet otage signifie qu’il y a eu une grande perte du côté ennemi : Les ADF font tout pour faire disparaitre leurs traces, ajoute ma source militaire-là. Par contre, je demande aux autorités politico-militaires d’intensifier les attaques contre ces ennemis de la paix et de créer de blocus solides aux assaillants,  au lieu de jouer régulièrement à la défensive : cette technique risquée pour les militaires eux-mêmes et pour les civils. Soutenons nos forces loyalistes.

                                                                                                    Mustapha Mulonda  

mardi 13 mars 2018

Pourquoi imposer le taux « Mbikayi » dans les universités ?


(Habari RDC : https://habarirdc.net/taux-mbikayi-920-francs-congolais-dollar-universites-rdc/) Il existe des choses qui ne sont possibles qu’en RDC. Par exemple, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, a fixé le taux de 920 francs congolais pour un dollar américain en milieu universitaire, alors que sur le marché réel le taux varie entre 1600 et 1700 francs congolais le dollar. Une situation qui met en difficulté beaucoup d’institutions d’enseignement supérieur et universitaire en RDC. Le ministre ignore-t-il les réalités économiques du pays ?
Ph. Habari RDC
En réalité, le taux « Mbikayi » comme on l’appelle désormais divise les comités de gestion des universités. Les uns refusent d’appliquer ce taux imposé de 920 francs le dollar, ce qui crée des retards dans leurs programmes, d’autres par contre ont fini par céder après « quelques menaces ». Non seulement cette mesure du ministre a déjà perturbé le calendrier universitaire, mais elle risque aussi d’affecter la qualité de l’enseignement. Récemment, certains professeurs ont menacé de faire grève pour protester contre le taux fixé par Steve Mbikayi.
À Beni au Nord-Kivu par exemple, quatre des cinq institutions universitaires publiques ont déjà accepté la condition de payer leurs frais au taux de 920 FC le dollar américain pour l’année académique 2017-2018.  Mais derrière cette résignation se cache une menace à peine voilée du gouvernement. « On nous a collé plusieurs blâmes et demandes d’explication nous accusant d’insubordination », explique l’un des responsables des institutions publiques de la place. Ces gestionnaires ne veulent pas démissionner de peur de se retrouver au chômage. En swahili on dit : « Moya na zero si sawa », en français, « 0 et 1 ce n’est jamais pareil » !

Une mesure pour séduire les étudiants, mais à quel prix ?
Il y a un risque énorme de détérioration de la qualité de l’enseignement due à la décision du ministre Steve Mbikayi. Je m’insurge contre cela. C’est inacceptable pour un enseignant qui gagne 4800 FC équivalent à 3 $ au taux du marché pour une heure de prestation, d’empocher 2760FC équivalent à 3$ au « taux Mbikayi ». Une situation qui pousse certains enseignants à recourir à des pratiques illégales telles que revendre plus cher les syllabus ou autres combines pour combler l’écart. Ne dit-on pas que ventre affamé n’a point d’oreille ? Il est à craindre qu’à ce prix là ils enseignent avec moins de zèle qu’avant.
Un assistant à l’Institut supérieur pédagogique de Beni se plaint : « Cela fait sept ans que je suis enseignant, mon nom n’a jamais figuré sur la liste de paie au niveau national. Avec nombreux de mes collègues, nous survivons grâce à la prime locale, malheureusement mise à mal par le ministre. » Pour moi, le gouvernement ferait mieux d’annuler rapidement cette décision du ministre car c’est une décision politique qui crée plus de problèmes qu’elle n’en résout.

                                                                                                           Mustapha Mulonda

Colonel Marcel : « La Population de Beni-Butembo doit se réveiller »

Col. Marcel s'adresse à la presse
«Nous allons continuer à neutraliser les ADF et nous demandons à la population de cesser de collaborer avec ce groupe négatif car cet acte constitue un jeu funeste», fait savoir le colonel Marcel, cet officier FARDC, au cours d’une conférence de presse tenue Mercredi 14 février 2018 à Beni.
Au cours de cet échange, le colonel a tenté de retracer le succès des FARDC depuis le lancement en Janvier dernier de l’opération Usalama1, conduite par les opérations Sukola I, dans l’objectif d’éradiquer l’activisme de l’ADF dans la zone. Pour lui, plusieurs bastions de l’ennemi sont déjà récupérés par l’armée loyaliste dont Mwalika, Sesele, Mapobu… « La reprise de ces bastions est un succès énormes pour nous, surtout que ces endroits étaient stratégiques pour les ADF. Ils étaient considérés comme les greniers pour ces ennemis de la population », ajoute-il.

Des greniers conquis
Quand il détaillait Mwalika, l’un des coins récemment conquis, ce commandant explique que cet endroit n’est pas à comparer aux entités comme Mbau ou Oicha, mais, juste une agglomération enfouie dans le parc des Virunga et où les ADF et leurs dépendants dont femmes et enfants ainsi que certaines populations locales qui travaillent dans les champs des ADF. « Mwalika est stratégique constituant ainsi un camp d’entrainement, un centre médical dans lequel sont soignés les blessés de guerre et un carrefour du business ADF », explique le Colonel. Il poursuit : « là, se trouve plusieurs sentiers qui relient les territoires de Beni et celui de Lubero ». Grace à ces sentiers, les motards assimilés à des taximen-motos de Beni et de Butembo évacuent les vivres constitués des haricots, riz, maïs, chanvres, légumes… cultivés sur place dans des vastes étendues. Ces produits sont liquidés à Beni et surtout à Butembo en espèce ou en troc contre les panneaux solaires, batteries, produits pharmaceutiques… « Bref, la reprise de Mwalika est une entorse à ce mouvement négatif », se réjouit-il.
Dénoncer l’ennemi…
Selon le Colonel, grâce au mariage entre les ADF et des commerçants locaux, ces ennemis de la paix contrôlent leurs finances leur permettant ainsi de se réorganiser après les attaques: « comme jeunes de Beni, je suis consterné de constater qu’il y a toujours des gens qui font du business avec les ADF, cela, malgré le nombre des décès occasionnés en ville et territoire de Beni par ces gens-là », regrette-t-il en dénonçant l’aspect bicéphalique du mouvement ADF. « Il est d’une part, gentil pour des habitants de Butembo, principaux clients et d’autres parts, méchants contre les habitants de Beni dont les atrocités perpètrées contre eux constituent une signature de son existence à travers le monde de se désolidarirer d’avec ces hors la loi. Il est temps pour la population de Beni et celle de Butembo de se réveiller en dénonçant ainsi toute personne suspecte. Les dénonciations pourront permettre aux FARDC, l’unique armée du pays, de mener à bien cette guerre asymétrique», conclut-il.

                                                                                                          Mustapha Mulonda

vendredi 15 décembre 2017

Beni : Le PANEL des experts de la société civile pour le bien-être social

Le PANEL des experts de la société sous coordination de Beni a été institué le 13 Décembre dernier dans le but de consolider la paix et la démocratie en ville et territoire de Beni, cette zone longtemps meurtrie par des attaques récurrentes des éléments ADF. Cette plate-forme constituée d’experts dans différents domaines de la vie ainsi que les notabilités locales, vise la résolution des problèmes sociaux à travers un cadre de concertation selon le principe : « union fait la force». 

Ph. Mustapha Mulonda_Nicaise Kebel bel Oka, présente le message de condoléance à la Monusco… devant la presse 
Implanté dans plusieurs villes à travers la RD Congo, le PANEL des experts de la société civile, est désormais opérationnel à Beni à l’Est de la RD Congo.   Cette plate-forme a été implantée par Dieudonné Mushagalusa, son coordinateur national dans la salle de conférence à l’hôtel la Reference Plus. La section de Beni est dirigée par Nicaise Kibel Bel Oka, journaliste, écrivain et expert en matière de conflit dans la région de l’Est de la RDC.  

Certes, Ce nouveau-né ne vient pas dupliquer les activités de la société civile mais plutôt accompagner celle-ci dans ses actions nobles : « le PANEL n’est pas un courant ou une composante de la société civile. Il s’agit d’un bloc constitué des activistes  et/ou acteurs de la société civile ayant chacun une expérience dans au moins un domaine de la vie sociale à l’instar de la santé, de l’écologie, de la politique, de la géographe, de la géopolitique… », explique Dieudonné Mushagalusa en poursuivant que ces experts ont un grand défi  à relever, celui d’émanciper la population, consolider la paix et le développement.
 
(Ph. Mustapha)_Dieudonné Mushagalusa, coordonnateur nationale du Panel...présente la mission de celui-ci devant les acteurs de la société civile de Beni. 

L’union fait la force
Pour pérenniser la mission du PANEL, il sied de respecter le principe selon lequel personne n’a le monopole de la vérité et du savoir. D’où, la nécessité de la création d’une structure neutre considérée comme  une dynamique de troisième niveau qui s’assigne la mission de combattre le positionnement politique et le préjugé encrés ce dernier temps dans les acteurs de la société civile. En réalité, ces acteurs de la société civile doivent rester neutres dans leurs actions.

 Bref, le PANEL vient encourager la cohésion dans la gestion des crises, tout en combattant la diabolisation qui règne dans ce secteur. Et cela, dans le souci de créer des cadres de discussion et de concertation qui visent des solutions durables aux maux qui rongent la société du moment : «cette démarche vise à déclencher le développement et bien-être de la communauté. Si la société civile est en train de perdre sa force aujourd’hui, c’est parce que chacun veut travailler dans son coin au nom des intérêts égoïstes. Une attitude  à éviter par respect au principe : union fait la force », démontre Dieudonné Mushagalusa.

Intéressés par les objectifs
Après les exposés de motif tour à tour présentés par Le coordonnateur national du PANEL ainsi que Gilbert Kambale, coordinateur de la société civile en ville de Beni, l’interaction des participants a démontré l’intérêt  présenté par le public captivé par les objectifs assignés par le PANEL. Ces objectifs qui se résument dans le respect des valeurs citoyennes et démocratique, le combat de l’alternance pacifique concrétisé à travers les élections, le combat contre l’oppression et la violence, etc. ont été salués à l’unanimité.
Le comité directeur du Panel des experts de Beni

Par ailleurs, le PANEL est non violent. « Il peut soutenir les mouvements citoyens, mais en décourageant les violences sous toutes ses formes, surtout que la violence est une barbarie qui  n’a jamais amené la paix ni la démocratie dans un milieu ; elles ne perpètrent que la destruction des acquis publics. En ce sens, les artisans de la violence oublient souvent qu’après avoir détruit les édifices de l’Etat ce sont toujours eux qui les construisent à travers leurs impôts», insiste Dieudonné en présentant les valeurs respectées par le PANEL. Avis partagé par Nicaise Kibel Bel Oka qui déclare que la population congolaise a une maladie grave, celle de prendre en considération les enquêtes menées par les occidentaux tout en rejetant et critiquant négativement  les résultants fournis par les experts locaux ; et pourtant qu’ils jouissent de la proximité avec les faits.          

Aussitôt institué, le PANEL s’est assigné le devoir de collaborer avec l’armée congolaise et la Monusco afin d’arrêter le cycle des violences en ville de Beni et territoire : « nous avons la cartographie de la région et nous maitrisons efficacement les sentiers que l’ADF emprunte pour venir troubler la quiétude des paisibles populations », dit Teddy Kataliko, un activiste des droits humains en demandant aux autorités de sécuriser ces sentiers pour le bien de tous.
Pour finir,  le comité local du PANEL des Experts de la société civile Beni a rendu public une déclaration contre les actes barbares commis par les ADF dans la région à l’instar de celui commis à l’endroit des casques bleues de la Monusco pendant l’attaque   du sept décembre dernier au sein de la base tanzanienne de la FIB située au pont Semuliki sur l’axe Mbau-kamango. Attaque qui s’était soldée par cinq militaires FARDC tués et 15 casques bleus morts sans compter les blessés… « Nous condamnons avec dernière énergie, le mouvement terroriste des ADF pour ces actes lâches et ignobles visant à décourager les efforts des FARDC et des Nations unies à l’Est de notre pays. Aussi, nous demandons à la justice de s’en charger de ceux-là qui collaborent avec cet ennemi de la paix», déclare Nicaise Kibel Bel, responsable du PANEL à Beni, adressant ainsi ses sincères condoléances au Secrétaire Général des Nations Unies, au Président de la Tanzanie et au commandant suprême des FARDC.    

                                                                                                             Mustapha Mulonda

mercredi 9 août 2017

Beni La LUCHA demande les élections en Décembre

A Beni, tôt le matin le dispositif sécuritaire a été visible presque dans toutes les grandes artères de la ville, ce lundi 31 Décembre 2017. Mais cela n’a pas empêché aux militants de la LUCHA (Lutte pour le changement) de marcher comme annoncé ce même jour sur toute l’étendue du territoire national. Ces jeunes exigent l’organisation des élections a la fin de cette année selon l’esprit de l’accord signé le 31 Décembre dernier à Kinshasa.
 
Photo tiers
Au Rond-point Nyanwisi où la marche devrait commencer, on pouvait percevoir les policiers ainsi que les militaires munis d’armes et bâtons afin d’étouffer ce mouvement. Malins, les activistes de la LUCHA se sont réunis non loin de l’endroit prévu pour déclencher leur marche. Subitement, ces jeunes ont été appréhendés par les forces de l’ordre et la majorité a été jetée dans le pick-up de la police jusqu’au cachot du commissariat.    
Parmi ces militants, huit ont été interpellés et auditionnés par la police nationale congolaise état-major de Beni ville. Une attitude fustigée par non seulement les manifestants mais aussi les activistes de droits de l’homme et la société civile. C’est par exemple Jean-Paul Lusenge, l’un de militants de la LUCHA a échappé de justesse lors de la traque : « les militaires qui seraient plutôt déployé à KALAU (localité situé à une dizaine de kilomètres au nord-est de la ville de Beni) où il les Maimai tourmentent la population… ont été déversés sur nous, alors que le peuple est en train de mourir car il manque un défenseur. Cela prouve qu’on n’a pas une armée du peuple, mais une armée des gens qui travaillent pour un seul individu dit».

Relâchés sans condition
Pour la société civile coordination de Beni ville, cette arrestation est arbitraire comme d’habitude surtout que les militants ont respectés les dispositions légales en écrivant une lettre en avance : « Ces militants doivent être relâchés sans condition, car ces genres des manifestations risqueraient de s’accentuer si le gouvernement et la CENI ne respectent pas la constitution en organisation les élections en Décembre prochain».
Des réactions croisées de la part de la classe politique. La majorité présidentielle croit que le trouble à l’ordre public est condamné par les dispositions légales : « l’autorité urbaine avait déjà interdit toutes manifestations. Donc, ce que les jeunes de la LUCHA entrepris là, c’est une rébellion car ces derniers ce sont opposés à l’autorité légalement établie», Hussein Nembongo, membre de l’alliance de Kabiliste  Musulman (AKAM).
Par contre, l’opposition trouve inacceptable cette répression. Pour Isaac Kambale du PNLD, le pouvoir en place se démarque actuellement par des propos et actions irresponsables. Et à Kaba Wesi, journaliste indépendant, d’ajouter que tout congolais est libre de manifester : «le déploiement de l’armée ce jour-là, montre que  les dirigeants ont  suffisamment déçu le peuple ».   
Apres deux jours d’incarcération, très forts, ces jeunes ont été liberés par le comissariat de la police : «A la lucha ! A la lucha ! Congo nouveau… en avant pour le changement », scandent-il
                         

Nos dirigeants sont responsables de nos morts

(Habari-RDC) Oh RDC mon pays ! Des morts par-ci, des personnes enlevées par-là, des femmes violées… L’actualité congolaise est toujours macabre. Et quand on pense que tout revient à la normale, c’est alors que de nouveaux malheurs surprennent mon pays. Pourquoi tant de morts en RDC ?
photo tiers

À mon avis, nos dirigeants sont responsables de cette situation en raison de leur boulimie de pouvoir. C’est comme si le pays était sous le coup d’une malédiction. Trop de groupes armés à caractère tribal, trop d’impunité pour leurs chefs. À cela s’ajoutent la cupidité et la course effrénée au  pouvoir.

À elle seule, la province du Nord-Kivu compte plus de 70 groupes armés. Les chefs de ces groupes rebelles, qui ont versé beaucoup de sang, ont été intégrés dans l’armée, alors qu’en réalité leur place est en prison. Plus grave, ces chefs rebelles reçoivent comme bonus des grades de fonctionnaires et d’officiers, à travers le programme d’intégration et de brassage. Un programme qui favorise l’impunité de crimes très graves.

Des militaires qui trahissent leur serment
Fin mai 2017, à la tribune du 8 mars de Beni où se déroule le procès des présumés rebelles ougandais ADF et des auteurs des massacres de plus de 1500 personnes dans cette ville, trois officiers des FARDC ont été condamnés. La Cour militaire opérationnelle les a reconnu coupables d’avoir collaboré avec les rebelles ougandais. Une preuve éloquente du non-respect du serment « toko wa mpona ekolo » (nous mourrons pour la patrie) , serment que chaque militaire congolais récite tout au long de sa carrière.

Il y a aussi deux généraux des FARDC, Akili Mundos et Eric Ruhorimbere, accusés d’avoir commis des crimes 20 ans durant en RDC. C’est du moins ce qu’indique un communiqué de l’Union européenne.  

Des politiciens cupides et manipulateurs
Si le sang coule à flots dans mon pays, c’est aussi à cause des politiciens qui attisent les tensions de toutes sortes dans le pays. La plupart sont ministres, députés nationaux ou provinciaux et qui, pour s’assurer le soutien de leur base électorale ou pour un positionnement politique, sèment la haine jusqu’à embraser leurs cités.

Conséquences, des guerres interethniques éclatent entre des communautés qui vivaient en paix durant des décennies. C’est par exemple le cas des provinces du Tanganyika où règne un conflit sanglant qui s’éternise entre Pygmées et Bantous. Dans les Kasaï, provinces autrefois havre de paix, on a créé la rébellion Kamuina Nsapu. Désormais les Tshokwe, les Pende, les Luluwa et les Luba vivent à couteaux tirés. Et que dire des massacres dans le Rutshuru où Nande et Hutu s’entretuent presque tous les jours.
Mustapha Mulonda

vendredi 16 juin 2017

Kambayi/Beni, encore une prison attaquée

Une série d’attaques des prisons se poursuit en RDC. Apre celle de  Makala, Kasangulu… c’est le tour de la Kangbayi à Beni. Lors de ces opérations, les assaillants armés tuent les militaires et policiers commis à la garde avant de libérer les détenus. Selon différentes sources, derrière ces évasions se cachent trois manouvres : un complot de l’opposition pour asphyxier le régime, un montage du pouvoir pour retarder les élections et en fin, un désengorgement de ces maisons carcérales devenues pléthoriques.
 
photo tiers_prison centrale de Kangbayi/beni

C’est le dimanche 11 juin en cours à partir de 15 heures locales que détonnent des armes lourdes et légères vers Beu, la commune qui abrite la prison centrale de Kambayi/Beni. Le voisinage de la prison confirme le fait: « les assaillants sont très nombreux. Ceux qui sont vêtus en tenue militaires sont venus tranquillement se faisant passer pour les éléments de l’armée loyaliste avant d’ouvrir subitement le feu sur les gardiens. Ensuite, sous les cris de guerre, les autres meneurs habillés en tenue civile sont venus cassés le portail principal, libérant ainsi les prisonniers», relate  M. K., un habitant.

Dans la prison, le jour suivant, seules 43 détenus sont restés, (nombreux sont rentrés volontairement) sur 935 qui étaient logés dans cette maison carcérale avant l’assaut. Dans le couloir, s’éparpillent les assiettes, casseroles et habits. Et au coin, sont assis quelques vieillards, malades qui n’ont pas réussi à s’évader. «Après une heure de marche, ces rebelles nous ont dit de choisir librement entre suivre avec eux le sentier qui mène à leur campement et fuir chacun selon sa direction. Des condamnés à peine de mort civiles, FARDC et miliciens dont Maïmai et ADF sont allés avec ces assaillants dans la forêt », me chuchote l’un de rendus. Comme ce dernier, environ 30 n’ont pas fui car purgeront leur peine d’ici là.
                          
Sabotage ou montage
Pour justifier cette énième évasion en RD Congo, les acteurs politiques de la majorité ou de l’opposition et les activistes de droits humains s’entraccusent. Pour la Majorité présidentielle, c’est un acte de sabotage de la part de l’opposition car celle-ci s’insurgent contre le prolongement du mandat du président de la République, Joseph Kabila, expiré depuis le 19 Décembre dernier sur le plan Constitutionnel. Mécontents, les membres de l’opposition insécurisent le pays, attaquant ainsi les maisons carcérales afin d’inciter le peuple à un soulèvement populaire. Avis partagé par Nyonyi Bwanakawa, maire de la ville de Beni et fervent du PPRD qui a affirmé devant la presse le 12 Juin 2017 que « l’attaque de Kangbayi a été planifiée par l’opposition ».
                                                               
Par contre, libérer les prisonniers frise également un montage de la Majorité présidentielle dans le but de ralentir la machine électorale, pensent des activistes de droits humains. L’ONG Convention pour le respect des droits humains (CRDH) par exemple, révèle que « l’armée y était arrivée avec un grand retard ! Et jusque-là, elle ne nous a présenté aucun otage. Ces bandits sont-ils des démons pour disparaitre après avoir tué 11 de nos éléments commis à la garde ? Voilà une mise en scène du pouvoir qui tend à créer une panique général pour ralentir le processus électoral», dénonce Jean-Paul Ngahangondi, coordonnateur national de CRDH/Beni. 

Une façon de désengorger les prisons
A l’espace de 30 jours seulement, des prisons sont vidés par les bandits lourdement armés dans différentes provinces à travers le pays. Il s’agit notamment de la prison de Makala à Kinshasa, de Kasangulu, à une cinquantaine de Kilomètres de Kinshasa… et en enfin de Kangbayi à Beni à l’Est de la RDC. Certes, toutes ces prisons étant devenues pléthoriques, ces évasions restent une bonne stratégie de désengorgement : Kangbayi par exemple ne devrait abriter que 250 détenus ; et Makala pouvait contenir seulement1500 et non 7400 locataires qu’elle comptait déjà jusqu’au 17 Mai dernier, date de l’évasion : « c’est que les prisonniers ont opté pour la fuite, surtout que vie qu’ils menaient dans kanbgayi était inhumaine », déclare Kizito Bin Hangi, président de l’ASADHO/Beni, en ajoutant que  pour l’instant serait d’adjoindre aux messages politiciens, une prévention pour que l’autre prison ne soit pas attaquée.
                                                                                                         Mustapha Mulonda   

jeudi 11 mai 2017

Le principe de nationalité unique freine le développement en RDC

L’unicité de la nationalité congolaise est une des sources de notre pauvreté. De nombreux natifs de ma province ayant changé de nationalité ont du mal à revenir investir au pays. Notre Constitution les considère comme étrangers à 100%.
Photo tiers

Il est impossible de détenir une double nationalité en RDC. La binationalité est interdite par l’article 10 de la Constitution qui stipule que « la nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec aucune autre ».
Obtenir légalement la nationalité congolaise est un processus long et harassant, ce qui pousse certains étrangers à chercher à se la procurer en contournant la loi. En février 2017, une vingtaine de Rwandais ont été appréhendés par les services de migration en possession des cartes d’électeurs congolaises qui servent automatiquement de cartes d’identité pour citoyen congolais.
La « congolité » est égoïste
Je suis contre cette loi qui érige l’exclusivité de notre nationalité. Elle me paraît égoïste. La RDC, comparée à d’autres pays qui ont opté pour la binationalité à l’instar du Rwanda, de la Tanzanie ou du Kenya, perd beaucoup d’opportunités d’investissements. Des buildings visibles chez nos voisins appartiennent généralement aux Chinois, aux Libanais ou aux Indiens. Ils sont traités comme des nationaux.
Pourquoi exclure nos frères et sœurs qui ont changé de nationalité ? On reproche d’ailleurs souvent à nos compatriotes de vivre et d’investir à l’étranger et quand ils reviennent au pays même avec le statut d’étranger pour investir ou apporter leur expertise, ils sont victimes de tracasseries administratives qui les poussent à repartir. Conséquences : notre radicalisme identitaire se solde par une fuite des capitaux.
« Je me sens ridicule quand j’arrive à la grande barrière comme un étranger à 100% ! Dans une ville où je suis né et j’ai grandi », regrette Hubert (nom d’emprunt), un jeune de Goma, naturalisé anglais.

Hubert avait investi dans la vente d’appareils électroménagers à Goma avant de faire faillite suite aux tracasseries administratives. Il a dû relancer son entreprise au Rwanda voisin. Et ils sont nombreux ces ex-Congolais à l’avoir fait, devenant ainsi à la fois Rwandais, Anglais, Américains ou Australiens.

La diversité est une richesse, c’est connu
« L’union fait la force », dit-on. L’unicité de la nationalité est à bannir, car elle freine le développement en RDC. Certains succès du football africain sont l’œuvre de nos frères binationaux qui évoluent en Occident. Notre pays aussi refait son nom dans le sport roi grâce à un coach binational et avec au sein de l’équipe des joueurs de deux nationalités. Peut-être que si l’actuel Premier ministre pouvait rester à la fois Belge et Congolais, ce serait un avantage pour notre pays.
La plupart des pays du monde sont puissants, parce qu’ils accueillent tout le monde. Nous ne devons pas demeurer arrogants en nous disant pays riche alors qu’une bonne partie de notre population est pauvre. Ouvrons-nous au monde, et peut-être que les choses commenceront à bien marcher pour nous.

                                                                                                           Mustapha Mulonda   

mercredi 11 janvier 2017

Joseph Kabila le perdant qui gagne

(Communauté Habari) Beaucoup de Congolais semblent  satisfaits de la signature de l’accord politique du 31 décembre 2016 de la CENCO. Même certains diplomates aussi.
 
Ph. tiers Joseph Kabila
 Dans un communiqué publié le 1er janvier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a déclaré que « Cet accord contient les éléments d’une sortie de crise politique et institutionnelle que connaît le Congo ». 

Quant à moi, je suis tout-à-fait d’accord avec la déclaration du diplomate français. Mais je suis conscient que Joseph Kabila est à la fois perdant et gagnant dans cet accord, vu le nombre des concessions faites par les uns et les autres.

Kabila, le grand perdant 

 Le président de la RDC a tout perdu dans cet accord de la CENCO. J’en veux pour preuve le fait que son entourage voulait qu’il reste au pouvoir plusieurs années, au-delà de son dernier  mandat qui a pris fin le 19 décembre dernier. Ce cas de figure semble avoir échoué, car les closes de l’accord excluent toute possibilité d’un troisième mandat et d’un référendum visant à modifier la Constitution.

Les partisans du slogan  « Wumela » (demeurez), cherchaient simplement à sauvegarder leurs avantages par la pérennisation du régime actuel. Malheureusement pour eux, l’accord du 31 décembre en a décidé autrement. Raison pour laquelle j’estime que notre chef de l’État est un « Looser », car si cet accord est respecté, le ‘Raïs’ doit faire ses valises en décembre 2017. Tout le monde sait qu’ il a été contraint d’accepter cette option irréversible.

Kabila : le gagnant de l’accord !

 Il l’est certainement ! J’ai une opinion plutôt différente de celle de ces Congolais qui se moquent de lui en disant que Kabila a manifesté faiblesse et lâcheté parce qu’il s’est plié devant les pressions de la Communauté internationale.


Pour moi, la flexibilité de mon cher président exprime sa sagesse dans la prise des décisions. Il n’a fait qu’éviter un nouveau  bain de sang à notre pays. Car la nuit du 31 décembre était cauchemardesque dans plusieurs villes de la RDC. La population était prête à redescendre dans la  rue si l’accord était boycotté par la Majorité. Voyant cela, le ‘Raïs’ a prouvé qu’il est patriote en plaçant l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de son intérêt personnel. Il a affiché l’image d’un homme d’État qui veut la paix. À mon avis, Kabila a gagné en termes de crédibilité et de confiance !

L’accord a calmé les esprits

Voilà que maintenant, les activités reprennent petit à petit partout dans le pays. Bien sûr,  le peuple doit rester vigilant. Moi aussi j’attends avec impatience que se concrétise l’alternance à la fin du processus électoral. Mais je suis contre les soulèvements dans la rue, à cause des résultats toujours macabres qui en découlent.

Je félicite donc la décision du président de dialoguer avec ses adversaires. Cela nous a évité le chaos, car nul n’a besoin  de comptabiliser de nouveaux martyrs dans mon pays. On en a marre !

Mustapha Mulonda

dimanche 4 septembre 2016

Le sourire est synonyme de la force

Mustapha Mulonda: les enfants forts de Eringeti
Je me suis rendu la semaine passée à Eringeti avec un ami journaliste de Kyodo News : Takagi. Là, à des Km au nord de Beni, la population continue à être égorgée par l’ADF
J’ai aimé une attitude parmi toutes, les enfants du coin restent positifs, souriants. Un signe de défaite pour ceux-là qui endeuillent ces enfants qui restent forts.
Takagi et moi en train d'interviewé un élement FIB/Monusco à Eringeti


Vous pouvez tout ravir à ces futurs dirigeants, sauf leur sourire…
Beni : les jeunes réclament la fin du bain de sang ! 
(Habari RDC)La population est en colère et la ville de Beni vit des émeutes depuis mi-août. Les jeunes qualifient le gouvernement de démissionnaire, car il est incapable de sécuriser la population qui ne cesse d’être lâchement massacrée !  Retour sur la journée de mercredi.
Ph. Tiers: quand la jeunesse s'enflamme...
La ville de Beni, à l’est de la RDC est sous les tirs dès mercredi matin 17 août. Les habitants en colère ont pris d’assaut toute la ville ! Ils déchirent les drapeaux des partis politiques de la majorité présidentielle.
Dispersés par les balles réelles de la police, les manifestants rejoignent les quartiers, où ils continuent à traquer les éléments de la police avec des projectiles à la main. J’assistai à un chaos !  
C’est comme s’il ny avait plus de loi dans la ville. Dans différents quartiers, les jeunes se livrent à la justice populaire. Devant moi, dans le quartier de la cité-belge, un présumé ADF est brûlé vif. Je me sens incapable de stopper cet acte barbare commis par ces jeunes enragés. L’un deux me dit : « nous devons nous prendre en charge, parce que nous sommes abandonnés par les autorités du pays ».
« Un gouvernement démissionnaire »
Les échauffourées sont parties de la mairie de Beni où Evariste Boshab, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur voulait organiser des rencontres avec les leaders communautaires et ceux de la société civile. Il tentait ainsi de récolter des informations à propos du carnage de samedi 13 août. 
J’ai compté personnellement 36 corps à la morgue de l’hôpital général, ce jour-là. En pleine séance, les manifestants sont venus saboter cette réunion. Pourquoi ce sabotage ? Comme les manifestants, je qualifie d’inopportune et de routinière la présence de ces leaders politiques dans la zone. Les tueries ont débuté en 2014 et après chaque carnage, le président de la République, Joseph Kabila ou ses délégués, viennent adresser un message de « pole » (condoléances) aux victimes au lieu de restaurer la paix !
Des politiciens hués
C’est trop ! Nous avons besoin d’une action concrète pouvant mettre fin à ce bain de sang. Sinon, la thèse du collectif de l’opposition de la ville de Beni qui qualifie le gouvernement de démissionnaire sera confirmée. Un ras-le-bol qui explique pourquoi dans la soirée du 16 août, devant toute sa délégation le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été hué par la population.

Mustapha Mulonda

« J’ai tué deux personnes », un ancien des ADF témoigne

Ph. Tiers: Beni en pleur après l'action des "Batshindja"
Le jeune Kasereka Sindani, la trentaine, est un ancien otage des ADF. Après une formation accélérée, il devient « égorgeur » dans les rangs de cette milice qui a de nouveau endeuillé la ville de Beni dans la soirée du samedi 13 août. Ils ont décapité à la machette et à la hache des citoyens.Kasereka Sindani raconte ici comment il est devenu « Batshindja », un égorgeur qualifié.  
Kasereka Sindani a été capturé après des tirs croisés entre l’armée congolaise (FARDC) et les ADF. C’est ainsi, qu’il a réussi à quitter ce groupe terroriste pour se retrouver entre les mains des autorités.
Le jeune homme aurait été kidnappé en juin dernier pendant qu’il entretenait sa rizière à Mangolikene. Un village situé à environ 7 km à l’Est de la ville de Beni. Il est ensuite emmené dans le parc national des Virunga où est érigé le maquis de la milice.  
Après trois mois de formation dans la brousse, Kasereka Sindani devient alors égorgeur. Ses supérieurs lui avaient appris à tuer. « Ils nous montraient les parties du corps où l’on devait frapper pour donner la mort… Ma première expérience, c’était le récent massacre de Rwangoma ! » 
« Je n’avais pas le choix »
Après la théorie, Kasereka Sindani doit passer à la pratique  et faire ses preuves. Il est obligé de tuer pour la première fois… « Je n’avais pas le choix. En cas de refus, la mort s’en suivait. Cette soirée-là, j’ai tué deux personnes. Une femme et un homme », témoigne-t-il sans montrer le moindre remord.  
Faudra-t-il le condamner aussi ?
Après cette attaque macabre à Beni par les ADF, certains suspects sont attrapés par les services de sécurité parmi lesquels figurent des hommes, des enfants mais aussi des femmes. Beaucoup d’habitants de Beni en colère étaient prêts à les lapider. Personnellement, je pense que rien ne se résout par la violence, même envers les auteurs présumés de ces crimes atroces. C’est à la justice de faire son travail et de décider ce qu’il adviendra d’eux. 
Ph. Mustapha Mulonda/ Sindani parle de son histoire devant la presse
Mais la situation à l’Est est complexe. Certains, soulèvent la complicité du gouvernement qui entretiendrait l’insécurité au pays pour élargir son mandat. 
Mais ce ne sont que des rumeurs alors voyons la réalité en face et apportons une solution ! Quant à la communauté internationale, elle ne doit pas aussi rester si impuissante et silencieuse face à cette série de massacres. 1000 personnes lâchement abattues ! C’est trop, beaucoup trop… 

Mustapha Mulonda

Rashidi Amuri, l’un des délégués de la ville de Beni lance un SOS pour la fin de bain de sang dans sa contrée

Discours du CT Rashidi Amuri au Festival Umoja grands Lacs est intéressant pour le retour de la paix à  l'Est de la RD Congo et à Beni en particulier.
Rashidi quitte le podium après son discours
Mes dames et messieurs, distingués invités, chers participants à la présente cérémonie d’ouverture officielle du festival « Umoja grands lacs » ; Qu’il nous soit permis de rendre grâce à notre Dieu créateur, maître de temps et de circonstance. Celui-là même qui a permis à ce que nous nous retrouvions à pareille heure et en cet endroit.
Nos remerciements s’adressent particulièrement à l’ASBL A FUTURE FOR ALL »,  organisatrice de ce festival pour voir pensé à la jeunesse de Beni en nous adressant cette invitation.
Mes dames et messieurs, distingués invités, la réalité de Beni, c’est celle que vous suivez matin, midi et soir sur les médias traditionnels et les réaux sociaux.
En effet,  c’est depuis octobre 2014 que Beni ville et territoire  sont devenus le terrain de massacres comptant parmi les pires de l’histoire récente de la République Démocratique du Congo.
Plus de mille personnes ont été tuées et de dizaines de milliers ont fui leurs foyers. Si en Irak, en France, aux Etats Unis d’Amérique, au Nigeria, au Cameroun,  au tchad…, les actions terroristes sont revendiquées par leurs acteurs, ceux qui tuent à Beni le font sous un silence extraordinaire.  Ils ont certes compris que cette stratégie reste payante pour eux car elle plonge tout le monde dans une confusion.
La population civile dépassée par les événements suspecte les FARDC et les services de sécurité, les accusant de complicité ou de faiblesse face à l’ennemi.   
En réaction, les Fardc engagées sur la ligne de front au nom de leur sacrifice  national accusent à leur tour les populations civiles de jouer le jeu de l’ennemi.
Les acteurs des massacres de Beni multiplient donc les actions terroristes pour opposer la population à son armée. Face au risque de voir la collaboration civilo- militaire se détériorée, il est du devoir de chacun d’encourager la complicité entre les FARC et les populations.
Les efforts sont certes fournis par les autorités du pays pour neutraliser les groupes rebelles ADF, présumés auteurs de ces crimes, il reste cependant beaucoup à faire pour le retour d’une paix durable à Beni et environs.
 Les tueries se poursuivent et les victimes sont généralement coupées à la machette et autres armes blanches par ces rebelles qui opèrent à petits groupes pour s’apprendre lâchement aux populations civiles. Voila pourquoi la population de Beni a besoin d’une solidarité tant nationale, régionale, qu’internationale. C’est ici pour nous l’occasion de saluer la compassion exprimée par les habitants de Bukavu vis-à-vis des victimes de massacre de Beni en mobilisant les dons en vivre et  non vivre en leur faveur.
L’histoire retiendra ce geste fraternel qui décourage ceux qui pensent que la balkanisation de la RDC est une chose facile. Au contraire, la RDC restera une et indivisible.

 Les révélations faites par certains présumés ADF qui comparaissent à Beni devant la cour militaire opérationnelle du Nord Kivu renseignent que les auteurs de ces massacres sont recrutés aussi bien au Rwanda, en Ouganda, au Burundi, en Tanzanie qu’en République Démocratique du Congo. La plupart d’entre eux sont recrutés sur base du mensonge car trompés qu’ils font suivre les études coraniques à Médine alors qu’ils prenaient la direction de Beni où ces terroristes avaient déjà installé leur base opérationnelle qu’ils ont alors baptisé Médine.
  
Pour finir, nous saisissons cette occasion pour appeler la jeunesse de la sous-région des grands lacs à la sensibilisation de nos dirigeants respectifs sur la nécessité de faire une paix collectives. C’est-à-dire, une paix au Rwanda au Burundi et en RD Congo. C’est dans la paix que nous garderons notre diversité culturelle.
Que vive le festival Umoja grands lacs, que vivent les organisateurs, que vive la ville de Bukavu, que vive la sous-région des grands lacs.
                                                       

Discours du CT Rashidi Amuri publié par Mustapha Mulonda

Festival Umoja Grands Lacs, à la recherche de l’unité dans la région de grands lacs

«A Future for all», une organisation sans but lucratif vient de lancer ce 27 Août 2016, le festival umoja grands lacs. Cette activité réunie les jeunes de la région dont la RDC le Rwanda et le Burundi. Cet espace interculturel encourage la participation de la jeunesse dans la consolidation de la paix et l’amélioration de la communication sociale dans la sous région de grands lacs.
Groupe Sikilika de Goma_Nord kivu sur scène 
Ici au Collège d’iBanda, dans la commune du même non. Les jeunes s’amusent au rythme de la paix. Ils chantent, dansent l’« Intore» du Rwanda ou la roumba congolaise sans tenir compte des origines tribales ou ethniques.
Mustapha Mulonda et les festivaliers

Ce festival qui s’est clôturé le 1 septembre 2016 a été riche également en exposition-vente d’œuvres d’art, projection des films, conférences débats, danses folkloriques, tambours, défilé de miss…
Certes, le festival Umoja Grands lacs a été clôturé sous une émotion surtout que les délégués venus des pays de grands lacs formaient déjà une famille et leur relation était sympathique.
Cette attitude a démontré que c’est encore possible de cohabiter pacifiquement malgré les tentions politique qui déchirent la région. Les participants ont par conséquent compris que les divisions interethniques et la xénophobie constituent un instrument qui régresse de plus en plus le développement en Afrique où la majorité de la population demeure pauvre.
A qui profite cette division interethnique?

Coference-debat
Lors des conférences-débats, les avis restent diversifiés à propos de la source de division dans nos pays. Les uns disent que cela dépend des compatriotes qui vivent la méfiance les uns contre les autres à causes des guerres. Et les autres doigtent les politiciens: « nous devons rester uni.et surtout nous devons éviter de nous concentrer uniquement aux discours politiques qui cherchent à se tailler leur popularité résultant de la division interethnique», révèle Mademoiselle Chantal, la coordonatrice de l’organisation A future for all.

Au regard de la situation sécuritaire précaire à Beni où la population continue à être tuée par les rebelles ADF/NALU, la Division provinciale de la jeunesse du Sud-Kivu a profité de cette occasion pour inciter la communauté internationale à cesser d’être impuissante face à ce bain de sang dans cette partie de la RD Congo.

Mustapha Mulonda